Conférences en ligne de l'Académie

  1. L’analyse chimique pour étudier les œuvres d’art

    Walter Philippe

    L’objectif du conférencier est de montrer comment on arrive à voir « autrement » certains sujets de l’histoire de l’art, grâce à leur étude par différentes techniques d’imagerie chimique non invasives qu’il a adaptées. L’approche est celle du chercheur placé devant les résultats de ses analyses, les informations et les interrogations qu’ils apportent. L’exposé est centré sur la peinture, avec un accent mis sur les matériaux employés, la chimie mise en œuvre pour les fabriquer ou les formuler, leur évolution au cours du temps, les techniques d’application... La relation de l’artiste à la matière picturale et à son œuvre est illustrée sur quelques exemples : Titien (Portrait of Pope Paul III without Cap) pour le moiré des rouges ; Renoir (Portrait de Madame Leon Clapisson) pour la dégradation du rouge ; Léonard de Vinci avec la description des couches picturales de la Joconde de Paris et une comparaison avec la Joconde du musée du Prado à Madrid. Les peintures de tombeaux égyptiens et leur composition (le bleu égyptien notamment) font également l’objet d’un développement. Une extension des techniques analytiques de l’auteur à d’autres secteurs d’activité (espace) est effleurée. L’exposé de Philippe Walter se termine par une présentation de la « conque de Marsoulas » vraisemblable instrument de musique de 18 000 ans d’âge…
  2. Les étapes pour la constitution d’une identité nationale en France

    AMALVI Christian

    SUMÉ : De la Troisième à la Cinquième République, l’affirmation banale, dans les manuels scolaires, que les Gaulois sont les ancêtres naturels des Français relève de l’évidence chronologique. Il n’en allait pas de même sous l’Ancien Régime où les conceptions politiques étaient étroitement liées aux origines sociales : pour la noblesse, ses privilèges découlaient directement de la victoire, au Ve siècle, des compagnons de Clovis surgis des forêts de Franconie sur les Gallo-Romains, et, selon Augustin Thierry, toute l’histoire de France n’était qu’un long combat entre Francs victorieux et Gaulois vaincus. Dans cette perspective partisane, juillet 1789 et juillet 1830 apparaissent comme la revanche des Gaulois sur les Francs.
  3. Étienne Dinet, une passion algérienne

    ROBIN Jean-Max

    Dans le grand mouvement orientaliste européen, qui nait au 18ième siècle, et qui traverse tout le 19ième siècle, Etienne Dinet occupe une place singulière. Tombé littéralement amoureux de l’Algérie, il y consacrera sa vie et son œuvre et puisera son inspiration dans le désert saharien, et dans l’observation de la vie quotidienne des habitants des oasis. Converti à l’Islam, il sera habité par une foi et une spiritualité de plus en plus prégnante. Célébré jusqu’à sa mort en 1929, y compris par les autorités et la population européenne de l’Algérie coloniale, il était tombé dans l’oubli. L’Algérie indépendante par une surprenante démarche de réappropriation l’a hissé au rang de peintre emblématique du pays, en même temps qu’à travers le monde il retrouvait une place de choix et que la cotation de ses œuvres s’envolait.
  4. Depuis Montpellier, elles firent entendre leur voix, briller leur image

    MATEU Jacques

    Que de noms prestigieux ! Emma Calvé, Régine Lacroix-Neuberth, Madeleine Attal, Juliette Gréco, Caroline Cellier, Paula Delsol, Sophie Desmarets… Autant de Montpelliéraines remarquables qui ont marqué de leur talent, de leur voix et de leur image les mondes de l’art lyrique, du théâtre, de la radio et de la télévision, de la chanson, du cinéma.
  5. De quelques héroïnes lyriques à l’Opéra de Montpellier

    LOPEZ Elysé

    Le drame lyrique est le mode musical le plus expressif, celui qui traduit le mieux les sentiments et les passions et qui donne un juste reflet de la société de son temps. Nos concitoyens ont toujours manifesté un grand intérêt pour les spectacles lyriques donnés à Montpellier ainsi que pour les salles qui les abritaient, et se sont particulièrement passionnés pour les grands rôles féminins des opéras présentés dans leur ville au fil du temps.
  6. Du temps des troubadours à nos jours, quelle littérature des femmes ?

    LAVABRE-BERTRAND Thierry, VERDELHAN Michèle

    Malgré l’accès lent et malaisé des femmes au savoir, Montpellier peut se flatter de compter de nombreuses écrivaines, et ce depuis le Moyen Âge. Certaines sont maintenant reconnues, comme Jeanne Galzy ou Albertine Sarrazin. Mais bien d’autres restent dans l’ombre, bien qu’en leur temps nombre d’entre elles aient reçu des prix ou des distinctions.
  7. Vers une fissure du plafond de verre ?

    GUERRIER Bernard

    Malgré un nombre de plus en plus important (60 %) de femmes médecins, les postes à responsabilités universitaires sont à nette prédominance masculine pour les PU PH. En revanche, pour les MCU-PH, il y a une nette progression féminine et même, pour les postes de praticiens hospitaliers une nette dominance. La prédominance masculine se retrouve pour les postes de chef de service et de chef de pôle, mais le nombre de chefs de service femme et chefs de pôle au CHU de Montpellier est supérieur à la moyenne nationale, ce qui traduit une nette évolution dans les choix des instances dirigeantes.
  8. Le Montpellier de Louise Guiraud et l’enseignement des « arts » au Moyen Âge

    BAKHOUCHE Béatrice

    Le nom de Louise Guiraud (1860-1918) apparaît souvent un peu noyé au milieu d’autres historiens de la ville de Montpellier. Quant à la personne même, on ne la connaît guère. Historienne exceptionnelle par le nombre de ses ouvrages, par une vie tout entière sous-tendue par l’étude de sa ville, par le refus des « honneurs » – les contours médiévaux de la ville universitaire.
  9. Quelques précieuses et autres dames galantes de Montpellier, ambassadrices de l’art de la conversation au milieu du XVIIe siècle Molière les a-t-il rencontrées

    NIQUE Christian

    Au XVIe siècle, les hommes de la haute société tiennent les femmes en marge et ont entre eux, en général, des mœurs étaient fort brutales. Vers 1600, après les guerres de Religion, tout le monde aspire à une forme de sociabilité plus apaisée. Des dames ouvrent des salons où la conversation légère, badine, est le loisir majeur. L
  10. Esquisse de l’évolution de l’éducation des filles et des jeunes femmes en France à l’époque contemporaine : des Lumières à la fin du XXe siècle

    AMALVI Christian

    Même si, dès la fin du XVIIIe siècle, des hommes des Lumières comme Choderlos de Laclos critiquent l’éducation des filles, pour l’essentiel confiées à des congrégations religieuses, il a fallu encore un bon siècle avant que l’État ne prenne des décisions déterminantes pour faire changer les choses :
  11. Résister à Montpellier : vingt-cinq femmes et jeunes filles ordinaires d’exception

    IRASTORZA Elrick

    Aux lendemains de l’Appel du 18 juin 1940, une lueur d’espoir commença d’éclairer la nuit de tous ceux qui refusaient l’asservissement au nazisme. À Montpellier, dès septembre 1940, cette lueur tremblante se fit Résistance. Mais derrière les hommes de l’ombre, il y eut des femmes sans qui rien n’eût été possible. Qu’elles fussent natives de la ville ou des environs, venues pour y travailler, y étudier ou s’y réfugier, elles prirent toute leur part à cette lutte sans merci.
  12. Montpelliéraines du Moyen Âge. Que sait-on d’elles ?

    LE BLÉVEC Daniel

    Dans une ville qui connaît, entre le XIe et le XVe siècles, une croissance démographique et économique de premier ordre, la place des femmes est aussi prépondérante qu’elle reste discrète, et donc mal connue. Les sources disponibles – toutes d’origine masculine, il faut le souligner – renvoient bien l’image d’une grande diversité de situations : grandes dames et riches bourgeoises, femmes du peuple, jeunes filles à marier et veuves éplorées, religieuses cloîtrées, mendiantes, servantes et filles publiques, hospitalières et recluses, surgissent des chartes, registres et cartulaires, souvent de manière fugace, voire évanescente.

  13. France Quéré une femme face aux grands défis éthiques du XXe siècle

    DURAND Gemma

    France Quéré est née à Montpellier en 1936 dans une famille protestante. Des études de Lettres classiques lui font rencontrer les textes des Pères de l’Église et, pour mieux en comprendre le sens, elle complète sa formation par des études à la Faculté de théologie de Montpellier. Elle se familiarise avec les grandes questions éthiques et c’est ainsi qu’elle rencontre le philosophe Paul Ricœur dont elle sera très proche.
  14. Conférence introductive: Remarquables Montpelliéraines et égale dignité des personnes humaines

    LAZERGES Christine

    Les héroïnes de ce colloque « Remarquables Montpelliéraines » ont toutes apporté, par leur vie et leur combat propre, une pierre à l’édification d’un monde où le principe d’égale dignité des femmes et des hommes soit implicitement ou explicitement le moteur de l’accès aux libertés et droits fondamentaux.
  15. Eudoxie Comnène, dame de Montpellier

    DÉDÉYAN Gérard, ZANINI Aurore

    Eudoxie, par son appartenance à la glorieuse dynastie des Comnènes, était la petite nièce du Basileus, Manuel Ier. Promise initialement au roi Alphonse II d’Aragon, elle entreprend un voyage vers l’Occident et se marie, après de nombreuses péripéties, au seigneur de Montpellier, Guilhem VIII. Vivant dans la seigneurie de son époux, elle donne naissance à leur fille, Marie et s’entoure de troubadours la surnommant « impératrice ».