Academie des Sciences et Lettres de Montpellier

Rodolphe - Charles ENGEL (17-4-1850)

Section : - Siège : XII
Professeur à la Faculté de Médecine
Elu(e) à l'Académie en . Départ en 1892.
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Notice du CTHS : 

     Né le 17 avril 1850, à Fegersheim (Alsace), Rodolphe-Charles Engel était fils de Louis-Charles Engel, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Strasbourg, puis, après la perte de l'Alsace, professeur de botanique et d'histoire naturelle médicale à la Faculté de médecine de Nancy.

     Rodolphe Engel prit, auprès de son père, le goût du travail. Après une forte instruction classique, reçue au lycée de Strasbourg, il fut, en 1868, nommé aide de chimie et de physique à la Faculté des sciences de Strasbourg et, dès 1869, il est lauréat de ladite Faculté. La guerre de 1870 et le siège de Strasbourg vinrent interrompre ses études.

     Engagé volontaire dans un corps de francs-tireurs, il fit bravement son devoir, mais dut mettre bas les armes lors de la reddition de la ville. Interné à Rastadt, il parvint à s'échapper avec trois de ses camarades et rentra en France se mettre à la disposition des autorités militaires. La prompte fin de la guerre ne lui laissa pas le temps de s'employer utilement et, la paix signée, il vint rejoindre son père à Nancy où il reprit le cours de ses travaux.

     Chaque année, depuis lors, marque une étape de sa brillante carrière. Il débute, en 1871, comme préparateur à la Faculté de médecine de Nancy. En 1872, il est nommé licencié ès sciences physiques. En 1873, il acquiert le diplôme de docteur en médecine -le premier accordé par la nouvelle Faculté de médecine, remplaçant celle de Strasbourg avec une thèse ayant pour sujet : Des métaux dans le corps humain et spécialement de leur recherche par l'électricité. En 1874, il ajoute à ce titre celui de pharmacien de 1re classe. En 1875, il vient à Paris soutenir, à la Faculté des sciences, pour l'obtention du grade de docteur ès sciences physiques, une thèse très remarquée Contribution à l'étude des glycocolles et de leurs dérivés. En 1876, il prend part, à Paris aussi, au premier concours d'agrégation qui ait eu lieu après la guerre. Il est nommé professeur agrégé de la Faculté de Nancy (section des sciences physiques).

     En 1877, enfin, il est appelé à occuper la chaire de professeur de chimie médicale et de pharmacie à la Faculté de médecine de Montpellier, qu'il occupa pendant douze ans. Il n'avait que vingt-sept ans, l'âge où beaucoup d'élèves en médecine terminent à peine leurs études.

     En 1889, le Conseil de l'Ecole centrale des Arts et Manufactures, qui a le souci de procurer à ses élèves le meilleur enseignement, fait appel au jeune professeur de Montpellier. Rodolphe Engel est d'abord, à cette Ecole, chargé du cours de chimie analytique, et dès l'année suivante, devient professeur titulaire à la même chaire qu'il a conservée jusqu'à sa mort.

     Ses travaux et mémoires, presque tous relatifs à la chimie générale et à la chimie physiologique, sont très nombreux. On peut rappeler qu'il a publié en 1878 un volume intitulé Nouveaux éléments de chimie médicale et de chimie biologique avec les applications à l'hygiène, à la médecine légale et à la pharmacie, considéré à sa parution comme l'un des meilleurs traités didactiques de chimie parus depuis longtemps. Cet ouvrage, qui a été le livre de chevet de plusieurs générations d'étudiants, a eu rapidement quatre éditions, la dernière en 1892. Engel le remplaça, en 1897, par une œuvre plus étendue, le Traité élémentaire de chimie biologique, pathologique et chimique, fait en collaboration avec le professeur Moitessier (de Montpellier).

     Ayant, dans ses dix dernières années, élu domicile aux environs de Paris, à Châtillon-sous-Bagneux, il aimait à se délasser de ses sévères études en cultivant son jardin.

     Il est élu correspondant national pour la division de physique et chimie médicales de l’Académie de médecine le 24 janvier 1888.

     Lauréat de l'Académie et de l'Institut, Rodolphe Engel était nommé successivement officier d'Académie, officier de l'Instruction publique, chevalier de la Légion d'honneur. II faisait en outre partie du Conseil d'hygiène et de salubrité de la Seine

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