Serge HAMON
Directeur de Recherche Émérite de l'IRD (Institut de Recherche pour le Développement)
- Section :
- Sciences
- Siège :
- 27
- Élu en :
- 2026
- Parrain :
- Philippe Verchère de Reffye
Parcours scientifique construit à partir d’une formation initiale en botanique, génétique et amélioration des plantes reçue à l’Université Paris-XI d’Orsay au milieu des années 1970. Cette formation l’a orienté vers une approche intégrée du végétal, articulant diversité biologique, héritabilité des caractères et finalités agronomiques, et l’a conduit dès le début de sa carrière vers la recherche de terrain.
À l’âge de vingt-quatre ans, affecté en Côte d’Ivoire en tant que Volontaire du Service National, avant d’intégrer l’ORSTOM, devenu l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). Les près de dix années passées en Afrique, principalement en Côte d’Ivoire, ont constitué le socle fondateur de sa trajectoire scientifique. Elles ont permis de confronter les concepts de génétique et d’amélioration des plantes à la complexité des agro-écosystèmes tropicaux, tout en inscrivant ses travaux dans des contextes sociaux, environnementaux et institutionnels contrastés.
Les premières activités de recherche, menées notamment au sein de collections de caféiers d’origine africaine, l’ont conduit à m’intéresser de manière approfondie à l’analyse et à la structuration de la biodiversité végétale. Elles ont également impliqué une prise rapide de responsabilités collectives, contribuant à façonner une réflexion sur l’organisation et la conduite de la recherche en contexte de ressources limitées.
Il a ensuite développé, sur le centre de recherche d’Adiopodoumé, un programme consacré à l’étude des ressources génétiques du gombo (Abelmoschus spp.), légume fruit tropical encore peu étudié. Ces travaux, soutenus par l’IBPGR (International Board for Plant Genetic Resources), ont constitué un cadre privilégié pour l’élaboration de réflexions conceptuelles sur la gestion des ressources génétiques végétales. Ils ont notamment contribué à l’émergence et à la formalisation du concept de core collection, visant à concilier conservation de la diversité génétique, représentativité biologique et efficacité opérationnelle. Par ailleurs, l’environnement fortement interdisciplinaire du centre, réunissant des chercheurs en bioclimatologie, pédologie, hydrologie ou phytopathologie, ont durablement nourri sa conception systémique de la recherche sur les plantes cultivées.
À la fin des années 1980, retour en France, inscrit dans une phase de structuration institutionnelle majeure de la recherche agronomique. Affecté à Montpellier, au sein du nouveau campus d’Agropolis International, il a exercé des responsabilités de direction scientifique, puis assuré la direction de plusieurs Unités Mixtes de Recherche. À la tête de l’UMR DGPC, puis de l’UMR DIADE, a contribué à l’articulation de thématiques allant de l’agro-écologie à la génomique, dans une perspective intégrative visant à comprendre la diversité, l’adaptation et l’évolution des plantes cultivées. Ces fonctions ont été l’occasion de structurer des collectifs scientifiques pluridisciplinaires et de renforcer les liens entre recherche fondamentale, gestion des ressources génétiques et enjeux de développement.
Parallèlement à ses activités de recherche, il s’est engagé de manière continue dans des actions de pilotage et d’expertise scientifique, au niveau national comme international. A notamment participé aux travaux du Bureau des Ressources Génétiques (BRG), à diverses commissions scientifiques de l’IRD, de l’INRA et du Cirad, ainsi qu’à des conseils d’administration d’établissements d’enseignement supérieur et de recherche. Ces engagements ont nourri une réflexion sur les politiques scientifiques, la gouvernance de la recherche et la valorisation des ressources génétiques à long terme.
Sur le plan international, ses collaborations se sont poursuivies avec l’IPGRI (International Plant Genetic Resources Institute) et se sont élargies, de façon marquée, à l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF). En tant que directeur de réseau de chercheurs, il a contribué à l’animation scientifique de nombreux pays francophones ou partiellement francophones, en Afrique subsaharienne, en Afrique du Nord et en Europe de l’Est. A également participé à la création d’une école doctorale internationale visant à accompagner de jeunes chercheurs dans la construction intellectuelle de leur projet de thèse, depuis la formulation des questions scientifiques jusqu’à la soutenance.
Cette trajectoire s’est traduite par une production scientifique soutenue, comprenant près de deux cent quatre-vingts publications, majoritairement en langue anglaise, consacrées à la génétique, aux ressources génétiques et à l’amélioration des plantes tropicales. Elle s’est également exprimée par des contributions à plusieurs ouvrages collectifs, ainsi que par la publication d’un ouvrage en français consacré à l’histoire et à la domestication des plantes sauvages et cultivées.