Academie des Sciences et Lettres de Montpellier

Michel GAYRAUD (3-12-1938 | 21-9-2022)

Section : Lettres - Siège : XXII
Docteur ès Lettres, professeur à l'Univ. Paul Valéry, président de l'Université, Recteur de l'Académie de Nantes
Elu(e) à l'Académie en 2006. Départ en 2022.
Fonctions à l'Académie : Président général en 2013, responsable relations avec l'université Paul Valéry
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     L’Académie des Sciences et Lettres de Montpellier est honorée et fière d’avoir compté sur l’un de ses fauteuils d’académiciens l’homme exceptionnel et le grand savant que fut le Recteur Michel Gayraud. Il aura marqué - il nous aura toutes et tous marqués - par sa grande culture, par tout ce qu’il nous a fait découvrir sur ce monde romain qui a été une grande partie de sa vie, et également par sa gentillesse, sa délicatesse, sa simplicité, sa bienveillance, sa sensibilité, et son humour aussi.
 

     Michel a été élu académicien en 2006, sur le fauteuil auparavant occupé par le philosophe Aimé Forest, par la romancière et poétesse Jeanne Galzy, et par l’historien Jacques Proust. Magnifique lignée, qu’il a magnifiquement prolongée.
     Quand il a été présenté pour entrer à l’Académie, parrainé par l’historien Gérard Cholvy, Michel avait derrière lui une brillante carrière : agrégé, docteur d’État, professeur au lycée Joffre, assistant puis professeur des université à Paul Valéry, chef de la mission académique de formation des enseignants au rectorat de Montpellier, président de l’Université Paul Valéry, recteur de l’Académie de Nantes, puis, après avoir été nommé professeur émérite, président de l’Université du Tiers temps de Montpellier (pendant deux mandats) et en même temps membre de l’association « À Cœurs Ouverts ».

 

     Cette extraordinaire carrière démontre que Michel Gayraud était un homme de science et d’action, qui s’est investi dans des missions diverses. Mais ce qui était le cœur de son activité, c’étaient ses recherches et ses enseignements sur la romanité. Il s’est intéressé et il a défriché les aspects les plus divers de ce1e période qu’il affectionnait tant. Il a notamment et fortement contribué à la mise au jour de pans entiers de l’histoire de la Narbonne antique. Il a produit de nombreux écrits qui sont autant de grandes références. Tout l’intéressait. Son nom est désormais parmi les grands savants qui ont étudié Rome, ses institutions, et la vie des romains.


     À l’Académie, il n’avait que des amis. Il participait activement à toutes nos activités : conférences, séminaires internes, colloques. Il avait accepté d’être le président de notre section Lettres en 2012 et notre président général l’année suivante. Ce grand professeur ne rechignait jamais à apporter son concours pour des tâches matérielles comme la mise au net des manuscrits à publier dans nos bulletins. Mais le souvenir fort qu’il nous laisse, ce sont les moments de bonheur qu’il nous a donnés par les belles et nombreuses communications qu’il nous a faites sur sa Rome Antique, et qui ont été publiées et constituent de belles références. Il aimait faire partager son intérêt pour le monde romain. Il avait le don de faire comprendre et apprécier une architecture, une organisation sociale, une personnalité, une façon de vivre, une époque. En grand pédagogue, il étayait toujours son propos de détails pittoresques, inattendus, amusants. Dans ces moments-là, ses yeux pétillaient. Son sourire devenait malicieux. Il était heureux. Nous aussi.


     J’avais connu Michel Gayraud bien avant de le retrouver à l’académie. C’était en 1990. Il avait une cinquantaine d’années, mais il avait déjà tant fait qu’il avait été appelé à Paris, par la Présidence de la République, où on lui avait proposé la fonction de Recteur de l’Académie de Nantes. Il l’a acceptée avec enthousiasme, convaincu qu’il était de la nécessité de contribuer à mettre l’action administrative au service de l’activité pédagogique, au service des enseignants et des élèves. Il a été un grand recteur. Sa mission terminée, il n’a pas cherché autre chose que rentrer à Montpellier, dans son université, chez lui, avec les siens, pour retrouver ses travaux sur le monde romain, ses livres, ses étudiants, ses amis. Quand j’ai été nommé à Montpellier, nous nous sommes retrouvés. Il a été mon parrain à l’Académie des Sciences et Lettres. Je suis, comme toutes les académiciennes et tous les académiciens, heureux et enrichi de l’avoir connu et d’avoir eu son amitié.

Christian Nique
 

Voir aussi la réponse de Gérard Cholvy lorsque Michel Gayraud fit l'éloge de Jacques Proust le 21/5/2007 :

https://www.ac-sciences-lettres-montpellier.fr/academie_edition/fichiers_conf/GAYRAUD-ELOGE-PROUST-REP-CHOVY-2007.pdf

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