Academie des Sciences et Lettres de Montpellier

René BAYLET [2] (9-6-1923 | 5-9-2021)

Section : Médecine - Siège : XII
Professeur de Santé publique, biologiste des hôpitaux à  Dakar , puis Montpellier, médecin colonel des troupes de marine
Elu(e) à l'Académie en 1992. Départ en 2021.
Fonctions à l'Académie : Président général 1997
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     A été admis à l'Académie en 1979 sur le fauteuil Médecine XXX, a été transféré après 1992 sur le fauteuil Médecine XII.

     Le professeur René Baylet est décédé le 5 septembre dernier après une brève maladie. René Baylet est né le 9 juin 1923 à Toulouse. Il fit ses études secondaires au lycée de Perpignan.

     Après son baccalauréat, il s’inscrit en 1942 à l’Ecole du service de Santé de Lyon dans la section coloniale. En 1944, il entre dans la Résistance au régiment de marche FFI Corrèze-Limousin puis 9èmeRégiment de Zouave comme médecin auxiliaire. Son courage au feu au secours de blessés lui vaut la Croix de Guerre 39-45 avec deux cita5ons. Après la Libéra5on, reprenant le cours normal des études, il s’oriente vers la biologie et l’hygiène. Son premier séjour comme médecin lieutenant se déroule en Afrique au Dahomey (actuel Bénin) puis en Haute Volta (actuel Burkina-Fasso) à Bobo-Dioulasso dans le service des grandes endémies, fleuron et honneur oublié de la médecine coloniale française au Centre Muraz (du nom du fondateur de ce service). Il s’est attaché à la lutte contre les trypanosomiases africaines, responsables des différentes formes de maladies du sommeil.

     Médecin capitaine, de fin 1952 à fin 1954, il est affecté au Tonkin comme médecin chef de l’Office de Réanima5on Transfusion du Nord Vietnam à Hanoï. De 1956 à 1958, il est médecin chef du laboratoire de Biologie de l’Armée à l’hôpital Principal de Dakar où il est promu médecin commandant. Après un séjour à l’Ins5tut Pasteur de Paris, il retourne à Dakar de 1959 à 1972, où il est chef de service de virologie et d’hygiène et professeur à la faculté de médecine de Dakar après avoir passé le concours d’agréga5on. Il sera promu médecin lieutenant-colonel puis colonel à l’âge de 44 ans. Il arrive à Montpellier en 1972 comme professeur de Santé Publique, directeur de l’Ins5tut Bouisson-Bertrand, puis chef du service d’Hygiène Hospitalière et des laboratoires de bactériologie des hôpitaux saint Charles et Lapeyronie. Après une période de consultant, il est admis à la retraite en 1991.

     Il fut consultant de plusieurs instances internationales (OMS, UNICEF, UNESCO), nationales (Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France), interrégionales (Comité de Coordination de Lutte contre les Infections Nosocomiales), hospitalières (Comité de Lutte contre les infections Nosocomiales) ; il a formé un grand nombre de médecins de santé publique de notre région qui lui gardent une vénération constante. Il gardait des liens étroits avec ses camarades et élèves de Dakar. Il s’y est rendu fréquemment jusqu’à ce que des problèmes de santé l’en empêchent.

     Elu dans notre Académie en 1979 au fauteuil XXX, il fut curieusement transféré au fauteuil XII et reçu en 1994, par son camarade, le professeur Paul Navarranne qui retraça avec chaleur sa carrière. Il fut un membre actif et fidèle de notre compagnie avec de nombreuses publications, présentations et discours de récep5on. Il fut président général en 1997.

     A titre personnel, je l’ai découvert lorsque je fus directeur de l’Institut Bouisson-Bertrand alors dans une période difficile. Il venait de prendre sa retraite. A la même époque, nous faisions partie des instances na5onales, régionales et locales de la lutte contre les infections nosocomiales. Les longs trajets en voiture jusqu’à Lyon (avant l’arrivée du TGV) nous donnaient alors le loisir d’échanger.

     Médecin et militaire, il a traversé les drames de sa génération. Il avait une longue expérience des hommes dans les institutions civiles ou militaires où il a servi. Il leur portait un regard sans concession, exigeant du fait de la responsabilité qu’elles exercent au service des populations dans le domaine souvent négligé de la prévention et de la Santé Publique. Cela n’altérait pas cependant son optimisme et la bienveillance accordée à ses élèves.

     Ces dernières années, un accident de santé avec des difficultés de déplacement l’avait éloigné de nos séances. Mais il y restait fidèle en esprit avec notre compagnie notamment par le lien du Bulletin qu’il aimait lire et parcourir. J’ai eu le plaisir de lire le texte de sa dernière présentation au cours d’une de nos séances privées en février 2020 avant le premier confinement.

     Chevalier de la Légion d’honneur, Croix de guerre 39-45 avec deux citations, chevalier des Palmes académiques, titulaire de diverses décorations étrangères, René Baylet a traversé un siècle de notre histoire. Il en a été un des acteurs dans une activité qui, de l’extérieur, peut paraitre dispersée. Cette activité avait une unité : la Santé Publique ; discipline (à tous les sens du terme) qui permet d’avoir la vision globale d’une politique de santé au service d’un pays et de sa population.

Olivier Jonquet

     Voir aussi la réponse de Paul Navarranne losqu'il fit l'éloge d'Hervé Harant le 13/6/1994 :

https://www.ac-sciences-lettres-montpellier.fr/academie_edition/fichiers_conf/BAYLET-ELOGE-HARANT-REP-NAVARRANNE-1994.pdf

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