Academie des Sciences et Lettres de Montpellier

Henri Marès (81-1-1820 | 09-05-1901)

Section : Sciences
Président de la Société d'Agriculture de l'Hérault, Membre correspondant de l'Institut
Elu(e) à l'Académie en 1847. Départ en 1901.
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     Né en 1820 à Chalon-sur-Saône où se trouvaient alors ses parents. Lycée à Montpellier. Etudes à Paris. En 1843 est Ingénieur des Arts et Manufactures (Ecole Centrale) et major de promotion. Mais rentre à Montpellier, pour diriger l’exploitation viticole du château de Launac que son père a acheté. Constitue, pour son usage, un laboratoire privé orienté vers la viticulture et l’oenologie. Reste néanmoins en contact avec l’Ecole Centrale et est président des Anciens élèves pour l’Hérault. Publie sur l’alcoomètre, le marc de raisin, les vinasses, etc. Membre de la Société Centrale d’Agriculture de l’Hérault (SCAH) depuis 1844. Il en sera président. Licencié ès sciences en 1845.

     En 1850, le Midi est envahi par l’oïdium, un champignon parasite de la vigne. Différents savants à Keyton et Versailles observent l’efficacité du soufre mais celui-ci donne des résultats irréguliers. Surtout, on ne sait l’appliquer que dans des jardins en le répandant à la main. En 1856 Henri Marès, qui a 36 ans, publie à la SCAH un mémoire de 83 pages relatif à l’oïdium. Le texte est clair, précis et d’une qualité scientifique qui éblouit encore un siècle et demi après. Marès étudie la biologie du champignon, explique l’efficacité ou la non efficacité du soufre en fonction des conditions d’emploi (stade de développement du parasite, température, humidité, nombre de traitements) et indique les moyens pratiques pour soufrer convenablement tout un vignoble. Il vérifie l’efficacité de sa méthode dans les parcelles de son domaine. Le succès éclatant. Le vignoble languedocien, dont la productivité s’était effondrée, est sauvé. Henri Marès gagne la célébrité. Il est nommé Secrétaire perpétuel de la SCAH. Il reçoit différentes distinction : Grand prix de la Société d'encouragement agricole de Paris (partagé avec trois autres savants) et Légion d'Honneur. Surtout, en 1867, on lui attribue l’un des deux Grands prix de l'Exposition Universelle. L’autre récipiendaire est Louis Pasteur. Les deux hommes se lient et correspondent. A Launac, Marès teste la méthode de Pasteur pour la sélection des vers à soie. En 1874, Marès est choisi comme rapporteur de la commission ministérielle chargée d’examiner les travaux de Pasteur sur l’industrie du vin. En 1882, quand Pasteur vient à Montpellier faire des expériences de vaccination charbonneuse et un exposé, c’est chez son ami Marès qu’il descend.

     Par la suite H. Marès, va animer les activités de la SCAH et continuer de publier de nombreux mémoires intéressant vigne et vin. Ils concernent le soufrage, les cépages, le vinage, etc. En revanche, il manque un peu de discernement, ou de chance, au début de la crise du phylloxéra (1868-1893). Il croit longtemps les dégâts correspondants liés à des désordres climatiques. Incontournable, il est pourtant choisi comme rapporteur de la commission départementale correspondante. Il y joue un rôle utile et fédérateur.

     Il était membre correspondant de l’Institut, membre correspondant de l’Académie d’Agriculture (11 juin 1856), membre de l’Académie des Sciences et Lettres de Montpellier dès la reconstitution de celle-ci, en 1847. Il est mort le 9 mai 1901. Enterré le 11 mai. Une section du 122ème de Ligne lui a rendu les honneurs.

Jean-Paul Legros

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