Academie des Sciences et Lettres de Montpellier

Pierre Dellenbach (4-2-1908 | 23-01-2003)

Section : Sciences
Ingénieur général du Génie rural, des Eaux et des Forêts - Membre Académie d'Agriculture
Elu(e) à l'Académie en 1951. Départ en 2003.
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Pierre Dellenbach est né le 04-02-1908 à Unieux, petite ville du département  de la Loire.

Sa famille, d’origine alsacienne, vient s’installer à Unieux après la nomination de son père, Ernest Dellenbach, au poste d’ingénieur puis directeur commercial aux aciéries de Saint Etienne.

Après un bac scientifique et une préparation aux grandes Ecoles au Lycée du Parc à Lyon, il intègre à 18 ans, l’Institut National Agronomique (créé en 1876) de la rue Claude Bernard à Paris. Sorti major, il intègre alors l’Ecole Nationale du Génie Rural (fondée en 1919 à Paris) et à 22 ans il est diplômé à la fois de cette Ecole et de l’Ecole Supérieure d’Electricité. Il est licencié en droit de la Faculté de Nancy et diplômé d’Etudes Supérieures de Droit Public et  d’Economie Politique.

     C’est donc avec cette formation polyvalente que P. Dellenbach aborde sa carrière. Son premier poste est celui d’Ingénieur du Génie Rural à la circonscription de Lyon (il y reste 2 ans) puis il occupe pendant 5 ans celui de Metz.

L’essentiel de sa carrière se déroule à Montpellier où il est arrivé en 1938 à l’âge de 30 ans.

Il prend des fonctions d’enseignant à l’Ecole d’Agronomie de Montpellier dans le domaine de l’équipement rural. Cette Ecole fut transformée en E.N.S.A.M. en 1960, actuellement Montpellier Sup Agro. Pierre Dellenbach est chargé de cours à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques de Montpellier.

Il est  nommé 5 ans plus tard, à 35 ans (en 1943) ingénieur en chef du Génie Rural de la circonscription de Montpellier (il est alors, le plus jeune ingénieur en chef du génie rural de France). Il reste à Montpellier 25 ans (jusqu’en 1963) en tant qu’ingénieur en chef du Génie Rural de l’Hérault. C’est à Montpellier, qu’il rencontre Jacqueline Bühler d’origine suisse,  qu’il épouse en 1950.

   Son patrimoine agricole (en pays Camarguais et en pays Forézien) a beaucoup servi à Pierre Dellenbach, pour mettre en pratique ses théories sur l’agriculture.

Il est de la meilleure lignée de ces grands ingénieurs du Génie Rural qui ont puissamment aidé à la modernisation des campagnes françaises.

Dans les sites ruraux de l’Hérault il porte son action sur l’électrification des écarts, les adductions d’eau et autres aménagements de voiries, d’une indiscutable utilité. Les efforts d’assainissement, de démoustication sur le littoral héraultais, sont le prélude à l’aménagement du territoire et au développement touristique de cette partie du Languedoc-Roussillon.

Il participe à la création du Canal du Bas-Rhône, à l’édification de nombreux châteaux d’eau, à la mise en oeuvre du lac du Salagou. D’une superficie de 750 ha, profond de 4 à 45 m, il contient 125 millions de m3 d’eau. Pierre Dellenbach était particulièrement fier de cette réalisation.

A 55 ans il quitte avec regret Montpellier et s’installe à Versailles.

 Au cours de son mandat de directeur du CEEMA (Centre d’Etude et d’Expérimentation du Machinisme Agricole), il est nommé en 1965, Ingénieur Général du Génie Rural et des Eaux et Forêts. Arrivé à l’âge de la retraite (en 1968) il est nommé au Conseil Général du Génie Rural, et des Eaux et Forêts.

Spécialiste éminent des questions de machinisme agricole, sa notoriété le conduit à une activité internationale très riche.

En 1981, il crée le CEMAGREF (Centre d’Etudes de Machinisme Agricole du Génie Rural  et de Eaux et Forêts) plus tard l’ENGREF.

Pierre Dellenbach a donc puissamment participé à l’extraordinaire développement du machinisme agricole.

 

Pierre Dellenbach  avait une riche et forte personnalité ; homme moderne, à l’esprit tourné vers l’avenir, il a été visionnaire en de nombreux domaines, mais un visionnaire passionné 

Homme de caractère, d’un dynamisme et d’une énergie exceptionnelle, P. Dellenbach est mort le 23 Janvier 2003, dans sa 95° année.

De nombreuses distinctions honorifiques étaient venues récompenser ce grand serviteur de l’Etat.

 Il a occupé le 24° fauteuil de l’Académie des Sciences et des Lettres de Montpellier de 1951 à 2003.                         

Louis Cot – Montpellier 24-04-2012

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